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Comment: La mondialisation découvre ses limites

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Paddy: En général la vision classique de l'informatique est assez statique. On raisonne, de façon très passionnée, sur les avantages et inconvénients de telle solution par rapport à telle autre, etc.

Pour certains, point de salut en dehors de l'open source, et ça donne Linux. D'autres au contraire sont sensibles à la sécurité qu'apporterait une société commerciale dans la fourniture de logiciels, et ça donne Microsoft.

Mais utilise-t-on les bons critères ? Par nature, le propre des nouvelles technologies est d'être mouvantes. Ce qui ressort de mon expérience personnelle, c'est que beaucoup de projets informatiques sont fragilisés par le changement permanent auquel ils doivent s'adapter.

De ce point de vue, les deux modèles traditionnels sont aussi faibles l'un que l'autre.

Pour les projets basés sur l'achat ou la location de licences logicielles, les responsables font souvent l'impasse sur les "coûts de maintenance" demandés par l'éditeur. Toutefois cette optimisation des budgets d'investissement accélère l'obsolescence des systèmes mis en oeuvre qui, après deux ou trois ans d'exploitation, ne collent plus aux besoins des usagers.

Pour les projets basés sur le logiciel libre, le risque est plutôt dans le processus d'intégration des bouts de solution disponibles. Il faut, pour rester à niveau, être capable de changer une brique par une autre tout en maintenant une cohérence d'ensemble pour les usagers et pour les administrateurs du système. Pas facile, si l'on s'est contenté de faire travailler un stagiaire quelques semaines (les étudiants connaissent mieux Unix, c'est bien connu), sans que l'entreprise ait réellement pris possession de son architecture informatique.

Alors quels conseils donner à un patron d'entreprise, à un président d'association, à un responsable pédagogique ? Ne cherchez pas de recette miracle, il n'y en a pas.  La seule constante, dictée par le bon sens, c'est que l'évolutivité d'une solution est la première chose à évaluer pour se protéger des aléas futurs.

Au grand dam des fournisseurs, pour les usagers, l'évolutivité ne se restreint pas à un doublement des usagers, ni au changement de version logicielle. Il s'agit plutôt d'un processus, d'une dynamique, dont les énergies ordonnées concourent harmonieusement à la pérennité de l'efficacité informatique.

Les éditeurs de logiciels payants ont bien intégré cette logique, illustrée par Windows Update chez Microsoft, ou par les mises à jour permanentes et payantes des anti-virus.

Du côté du logiciel libre, l'évolutivité requière d'abord un conseil efficace, sous la forme de sociétés de service spécialisées, seules capables de transformer le bouillonnement atomique des développeurs indépendants en solutions fiables pour l'entreprise.

YACS s'inspire de ces deux approches à la fois, et tente une intégration harmonieuse.

D'un côté, la mise à jour mensuelle qui introduit progressivement les nouvelles fonctionnalités et corrige dans un délai mesuré les bugs identifiés. Ceci couplé à une rigueur sans faille dans la qualité du développement (le fameux tryptique : lisibilité, documentation, testabilité, auquel il faut rajouter le respect des standards et l'accessibilité).

De l'autre, une stratégie d'expansion basée délibérément sur un réseau de professionnels qui pourra s'approprier la richesse fonctionnelle de YACS et en faire la base d'une solution évolutive pour leurs clients.

Après les webmasters individuels, qui ont téléchargés le logiciel par Internet, YACS s'attaque au domaine collaboratif, puis aux structures plus conséquentes. D'où le besoin d'un réseau de prescription qui reste à construire. Attendez-vous à quelques (bonnes) surprises de ce côté-là dans les mois à venir.

Sommes-nous en train de rédéfinir le logiciel libre ? Je ne saurais le dire.

En tout cas, ce que l'équipe YACS vit actuellement est une belle aventure, et si un certain nombre d'internautes, de webmasters et de professionnels de l'informatique y trouvent leur compte, qui s'en plaindrait ?

by Bernard on Apr. 3 2006