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Les logiciels libres ne sont plus libres en France

avatarFernand -- on Mar. 17 2006, from Paris
C'était l'une de ces expressions françaises. Elle n'aura plus lieu d'être. Le fait d'appeler les logiciels Open Source, logiciels libres, est significatif d'un élan naturel qui fut arrêté net durant cette semaine numéro 11.
... Non pas à cause d'un manque de souffle de la part des utilisateurs de plus en plus nombreux, mais bien à cause d'un coup d'arrêt donné par une majorité de députés le jeudi 16 mars 2006, rendant de fait illégal l'usage des logiciels de pair à pair. En conséquence, cela porte le plus grave des préjudices à l'exploitation en France des différentes licences d'utilisation des logiciels Open Source.

Il y a sans doute une leçon à en tirer. Celle qui consiste à comprendre que nous parlerons désormais d'une logique économique, juridique, et sociale particulière lorsque nous parlerons d'Open Source. Elle a d'ailleurs ce mérite de pouvoir être comprise en tant que telle dans le monde entier.
D'autre part, on ne peut plus dissimuler ou se trouve le front. La bataille se situe bien entre la masse impressionnante des intérêts propriétaires, et la niche de plus en plus étroite réservée dans ce pays aux intérêts de tous.
Paddy
avatar
from la Provence, au pied du Luberon,
136 posts

on Mar. 17 2006


Bonjour Fernand !

Allez, je voudrais chasser ce petit coup de blues pour mettre en lumière le bon côté de la situation, car il y en a un. thinking

En effet, maintenant l'Etat a pris position, même si ce n'est pas celle souhaitée par les internautes. Mais au moins, la situation est claire et les limites sont maintenant visibles. Le flou est levé et l'on connaît les risques réels encourus si l'on franchit la limite. Chacun peut donc prendre la responsabilité de ses choix en tout état de cause.

Pour autant, le P2P n'est pas mort, l'Etat indique (aujourd'hui) vouloir traquer les cyber-délinquants en relevant leurs adresses IP à l'aide de serveurs P2P "modifiés".
peeping
Le P2P légal reste donc envisageable...

Quant aux logiciels libres, il me semble qu'ils existaient avant le P2P et que même si celui-ci devait disparaître, il resterait bien des moyens de les partager. Je pense aux téléchargments ftp et http mais aussi aux CD vendus dans les revues et je me rappelle des compilations de la FSF, bien avant Linux, qu'on achetait sur un DAT pour une quinzaine de dollars...

Ce qui m'inquiète le plus, sur le principe, c'est l'interdiction de posséder et d'utiliser des logiciels permettant de contourner les mesures techniques de protection (MTP). En clair, cela bloque le droit à la copie privée si l'oeuvre est protégée. Les DVD de Walt Disney pour les enfants doivent donc êtres considérés comme jetables, et notre édition limitée du "Seigneur des Anneaux" doit être mise sous vitrine...

En résumé, maintenant qu'il va y avoir une loi officielle, cela va pouvoir permettre de travailler contre cette loi. Je me rappelle ce reportage dans une grande faculté de droit, ou l'enseignant interviewé expliquait que la première chose à inculquer aux élèves, c'est que la loi est faite pour être violée, détournée, manipulée, ou à tout le moins utilisée pour atteindre nos objectifs. diablotin

Par exemple, je ne sais pas si c'est encore d'actualité, mais pendant longtemps, on a pu acheter des détecteurs de radars routiers, alors que leur utilisation est interdite, mais pas leur achat...

D'une certaine façon, c'est donc une nouvelle liberté qui s'offre à nous, celle d'avoir un véritable adversaire dont on va pouvoir chercher les défauts dans la cuirasse. Je crois donc que la situation, d'une certaine façon avance, même si c'est sans doute moins vite que nous l'aurions espérée...

Il reste encore bien des façons de partager, et les meilleures restent peut-être encore à inventer...

En fait il ne faut pas se tromper de débat, je crois que ce qui est réellement important, ce qui peut vraiment apporter quelque chose à notre société, c'est le partage. Le P2P n'est qu'une façon de mettre en place du partage, ce n'est pas la seule.

Et j'aime à penser que Yacs aura sa place dans cet avenir qu'il nous appartient de construire selon notre vision, en sachant nous adapter à l'adversité, en nous rendant à la fois plus fort et plus souple, plus intelligent et plus décidé...

Bon, c'était mon quart-d'heure de grandiloquence, veuillez m'excuser, je n'ai pas su me retenir

Longue vie au Partage ! Longue vie au logiciel libre ! Longue vie au P2P qui n'est pas encore mort (pensez à Napster) !

Oupsss ! voilà que ça me reprends, allez, je vais reprendre le cours de ma vie "normale".

J'ai été très heureux de partager cette émotion avec vous et xxxxxxxx xxxxxxxx xxxxxxxxxxxx xxxxxxx xxxxxxx xxxxxxx xxxxxxxx - ceci est un message de BigBrother : cette communication est maintenant brouillée, la personne qui a écrit ce texte est maintenant hors d'état de nuire, tous ceux qui sont en train de lire ce texte sont en passe d'être identifié par leur adresse IP qui vient d'être collectée. Une liste de ces personnes est donc dressée et en cas de récidive elle connaîtront le même sort que l'ancien possesseur de cet ordinateur... La CNIL ne peut plus rien pour vous... sniping
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Parti de rien, je ne suis arrivé à rien... mais tout seul !!
Groucho Marx
Fernand
avatar
from Paris
1287 posts

on Mar. 17 2006


Sur le fond, je suis du même avis que vous: tout n'est pas négatif... J'ai donc cherché à ne pas me laisser enfermer dans le piège de la personnalisation en désignant un coupable, mais à décrire plutôt la situation dans laquelle nous nous trouvons.
Mon article porte davantage sur le fait qu'il faut désormais nommer les choses correctement, c'est à dire parler d'Open Source, et ne plus pratiquer l'amalgame en parlant de logiciels libre, amalgame qui n'est pas le fait de l'Etat, mais bien celui des utilisateurs eux-mêmes.
La loi nouvelle, à mon avis, ne nous permet plus d'alternative dans l'utilisation des mots.
L'occasion d'alimenter notre débat amorcé par M, G à propos des licences était trop belle... En effet, il me paraît hors de question d'évoluer avec un outil de la qualité technique de YACS, sans nous mettre au clair sur d'autres plans comme l'aspect juridique.

Cela n'occulte pas pour autant l'importance de l'évènement que j'ai cherché à souligner malgré le fait que la focale de l'actualité est actuellement orientée sur d'autres sujets... Pourquoi, à mes yeux, s'agit-il d'un évènement de première importance ? Parce que le législateur a ici donné un sacré coup de canif dans les licences dites libres. Ceci, pour la première fois en France et en contradiction avec son attitude globalement favorable à ces mêmes licences.
Sur ce point précis de la loi qui a été votée, l'irrationel est le fait du législateur. Il s'agirait de l'acte isolé d'une personne physique on pourrait parler de faute car cela entraîne des conséquences pour ceux qui dépendent de cet acte.

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Posted by Fernand on Mar. 17 2006, (popular)