Le primo-pensant
Il s'agit d'une problématique de notre temps. Il y a quelques décennies on ne se posait pas la question de cette manière. On faisait d'abord. On constatait ensuite. Beaucoup de choses aboutissaient. Celles qui n'aboutissaient pas aboutissaient quand-même quelque part pour soi... Et puis l'on repartait de l'avant. Seul, ou à plusieurs, peu importait. Faire primait sur avec qui on faisait... Et puis, nous sommes devenus, pour nombre d'entre-nous, des primo-pensants. Il fallut penser avant d'agir. Les ordinateurs individuels n'ont pas aidé...
Depuis, j'ai appris que l'univers est harmonieux. Je l'accepte, je le sais mais je ne le comprend pas toujours.
Je perds une grosse somme en bourse sans savoir pourquoi. Le petit chat n'est pas mort mais il a, malgré tout, disparu. Il a détalé suite à une peur brutale, un bruit incongru derrière... Un bruit qui s'attachait à lui et le suivait quoiqu'il fasse. Pris de panique il a augmenté sa vitesse, se réfugiant dans la fuite, révélant toute la souplesse et la puissance déployée d'un fauve hagard. Il est parti fou de terreur et nul ne sait s'il retrouvera son chemin. Car, dans ces cas-là, chat ou homme, on a pas le temps de laisser ses odeurs, des traces, des repères, qui permettraient de se retrouver.
Un couple, en bas de la maison, blague bruyament, trop bruyamment... Une liaison qui se cherche... Qui ne s'accomplira peut-être jamais parce que je leur ai demandé brutalement de faire moins de bruit... Je cherche le petit chat. Dans le soir qui tombe je tend l'oreille. Je veux qu'il puisse reconnaître mon pas, le son de ma voix qui lui suggère doucement qu'un ami est là... Et je leur ai donc demandé impérieusement de se taire. Vlan.
Ils se sont excusés. Ils sont partis chacun de son côté. J'ai une grosse voix qui impressionne. Je suis décidé. Et je ne suis pas à prendre avec des pincettes, justement à cause de la bourse, et du chat...
Pas d'inquiétude pour eux dans le fond. S'ils doivent passer quelques heures ensemble ce ne sera pas cette nuit. C'est tout. Mais ils se retrouveront à la prochaine séance dans la salle de danse à l'autre bout de la rue. Pas d'inquiétude pour eux... Ils se retrouveront ou ils ne se retrouveront pas. Ils passeront une nuit ou bien une heure, ou bien... Presque une vie.
Après quelques mois d'une existence partagée on sait déjà qu'ils parleront moins fort.
L'univers est harmonieux. Mais passe un coup de Trafalgar... Un orage s'abat sur le monde... Je ne suis pas tout seul avec mes ennuis: Un entrepreneur de mes connaissances m'a annoncé tout à l'heure au téléphone qu'il vient de se faire voler pour la deuxième fois en quelques mois une importante quantité de matériel sur un chantier. Tout perdu. Tout volé. Rien ne sera remboursé par les assurances. Cet investissement coûteux pour rien... En tous cas, pour lui, ce fut un investissement perdu. Une affaire pour le(s) voleur(s).
C'est bien ce que j'écrivais: les choses sont harmonieuses...
Si je perds en bourse, d'autres s'y retrouvent avec mon argent. Et, peut-être demain le monde me sourira t-il. Et ce sera moi qui gagnerai.
Le petit chat reviendra après une nuit passée à se remettre de ses peurs dans un buisson à écouter les bruits de la nuit et à se remplir de son avenir de chat. Le couple aura déjà compris qu'il était un peu ridicule de se vautrer ainsi dans les paroles haut perchées et les rires forcés, alors qu'il est simple de laisser le rythme de la valse ou du tango, vous enlever des mains toutes les timidités et faire glisser les regards de l'un vers l'autre sur le silence de la musique
Je dis ce que je dis. Mais voilà ce sont des histoires qui ne voient pas plus loin que le bout de mon nez. Que sais-je de tout ce qu'il est en train d'advenir dans les recoins auxquels je n'ai aucun accès. La chenille sait-elle, d'ailleurs, qu'elle pourrait bien voler au-dessus d'un monde ? Que savons-nous de ces univers qui se télescopent sans catasprophe, qui se croisent sans s'envahir qui coexistent tout en feignant de s'ignorer ? Que savons-nous du monde des animaux ou de la sexualité des autres ? Que sais-je, pour ma part, des petits séismes locaux dans le monde boursier ? Ce ne sont des séismes que pour moi qui suis, dans ce cas qui m'incombe leur premier témoin, et pourquoi pas, leur créateur. C'est moi qui leur ai accordé ce souffle âcre de l'importance donnée aux choses.
Voilà, tout ce qui se passe m'échappe totalement... Et, de plus, j'ai honte. Oui cela m'arrive... de cotoyer ceux qui croient tenir l'univers au bout d'une formule. Car il n'y a pas d'autre formule que la sienne propre. Et même si elle n'est valable que pour soi et pour un seul instant, elle donne à cet instant-là le souffle à une inimitable existence.
Mais voilà encore des vagues qui semblent balayer les existences et les mondes et les réunir au fond.
D'autres vont les ramener ensemble à la lumière. On aura, dans ce cas, la sensation très nette de faire quelque chose ensemble.
Le primo-pensant, c'est une nouvelle race d'homme orchestre. Il nivelle la musique des bals de nos rencontres.
Je perds une grosse somme en bourse sans savoir pourquoi. Le petit chat n'est pas mort mais il a, malgré tout, disparu. Il a détalé suite à une peur brutale, un bruit incongru derrière... Un bruit qui s'attachait à lui et le suivait quoiqu'il fasse. Pris de panique il a augmenté sa vitesse, se réfugiant dans la fuite, révélant toute la souplesse et la puissance déployée d'un fauve hagard. Il est parti fou de terreur et nul ne sait s'il retrouvera son chemin. Car, dans ces cas-là, chat ou homme, on a pas le temps de laisser ses odeurs, des traces, des repères, qui permettraient de se retrouver.
Un couple, en bas de la maison, blague bruyament, trop bruyamment... Une liaison qui se cherche... Qui ne s'accomplira peut-être jamais parce que je leur ai demandé brutalement de faire moins de bruit... Je cherche le petit chat. Dans le soir qui tombe je tend l'oreille. Je veux qu'il puisse reconnaître mon pas, le son de ma voix qui lui suggère doucement qu'un ami est là... Et je leur ai donc demandé impérieusement de se taire. Vlan.
Ils se sont excusés. Ils sont partis chacun de son côté. J'ai une grosse voix qui impressionne. Je suis décidé. Et je ne suis pas à prendre avec des pincettes, justement à cause de la bourse, et du chat...
Pas d'inquiétude pour eux dans le fond. S'ils doivent passer quelques heures ensemble ce ne sera pas cette nuit. C'est tout. Mais ils se retrouveront à la prochaine séance dans la salle de danse à l'autre bout de la rue. Pas d'inquiétude pour eux... Ils se retrouveront ou ils ne se retrouveront pas. Ils passeront une nuit ou bien une heure, ou bien... Presque une vie.
Après quelques mois d'une existence partagée on sait déjà qu'ils parleront moins fort.
L'univers est harmonieux. Mais passe un coup de Trafalgar... Un orage s'abat sur le monde... Je ne suis pas tout seul avec mes ennuis: Un entrepreneur de mes connaissances m'a annoncé tout à l'heure au téléphone qu'il vient de se faire voler pour la deuxième fois en quelques mois une importante quantité de matériel sur un chantier. Tout perdu. Tout volé. Rien ne sera remboursé par les assurances. Cet investissement coûteux pour rien... En tous cas, pour lui, ce fut un investissement perdu. Une affaire pour le(s) voleur(s).
C'est bien ce que j'écrivais: les choses sont harmonieuses...
Si je perds en bourse, d'autres s'y retrouvent avec mon argent. Et, peut-être demain le monde me sourira t-il. Et ce sera moi qui gagnerai.
Le petit chat reviendra après une nuit passée à se remettre de ses peurs dans un buisson à écouter les bruits de la nuit et à se remplir de son avenir de chat. Le couple aura déjà compris qu'il était un peu ridicule de se vautrer ainsi dans les paroles haut perchées et les rires forcés, alors qu'il est simple de laisser le rythme de la valse ou du tango, vous enlever des mains toutes les timidités et faire glisser les regards de l'un vers l'autre sur le silence de la musique
Je dis ce que je dis. Mais voilà ce sont des histoires qui ne voient pas plus loin que le bout de mon nez. Que sais-je de tout ce qu'il est en train d'advenir dans les recoins auxquels je n'ai aucun accès. La chenille sait-elle, d'ailleurs, qu'elle pourrait bien voler au-dessus d'un monde ? Que savons-nous de ces univers qui se télescopent sans catasprophe, qui se croisent sans s'envahir qui coexistent tout en feignant de s'ignorer ? Que savons-nous du monde des animaux ou de la sexualité des autres ? Que sais-je, pour ma part, des petits séismes locaux dans le monde boursier ? Ce ne sont des séismes que pour moi qui suis, dans ce cas qui m'incombe leur premier témoin, et pourquoi pas, leur créateur. C'est moi qui leur ai accordé ce souffle âcre de l'importance donnée aux choses.
Voilà, tout ce qui se passe m'échappe totalement... Et, de plus, j'ai honte. Oui cela m'arrive... de cotoyer ceux qui croient tenir l'univers au bout d'une formule. Car il n'y a pas d'autre formule que la sienne propre. Et même si elle n'est valable que pour soi et pour un seul instant, elle donne à cet instant-là le souffle à une inimitable existence.
Mais voilà encore des vagues qui semblent balayer les existences et les mondes et les réunir au fond.
D'autres vont les ramener ensemble à la lumière. On aura, dans ce cas, la sensation très nette de faire quelque chose ensemble.
Le primo-pensant, c'est une nouvelle race d'homme orchestre. Il nivelle la musique des bals de nos rencontres.
Comments
Le CCC, tu connais ? C'est le Comité Contre les Chats (Les Nuls).
C'est sûrement un coup du CCC ! Tout s'explique:
- Une comionnette du CCC passait dans la rue. Elle a aperçu le chat et a déclenché son système pour l'attraper et le torturer.
- Le chat, avec son 6ème sens, a senti le grand danger et s'est enfui le plus vite possible.
- Avec ce boucan, les voisins du bas se sont mis à parler plus fort pour s'entendre.
- Du coup, tu es descendu pour arrêter ses bruits incessants et pendant ce temps, ton amis essayait de t'appeler au téléphone.
- Pendant qu'il t'appelait, il ne surveillait plus son coûteux matériel ce qui a permis au voleur de se servir à volonté.
- Mais autour de tout ça, il faut savoir que ce voleur se sert du matériel gratuit pour augmenter le capital de son entreprise qui est le principal actionnaire du concurrent de tes placements.
Moralité: si tu ne regardais pas Les Nuls la télé à fond pour couvrir tes voisins, le chat ne se serait pas barré et tu n'aurais pas perdu en bourse !
Bon, d'accord ...
Môa, j'aime bien cette rubrique ! C'est où déjà le Délirium ?
Chacun crée un univers original à partir d'éléments qu'on lui présente... Et c'est ainsi, et seulement ainsi, qu'une communauté peut se développer.
Personne ne saurait monopoliser la parole, la pensée, l'identité, l'être, la primo-accédance au logement, au sexe, à YACS... La machine-outil, le droit au travail, le droit à ne rien faire, etc.
Aussi ne
Mais, au contraire, merci de cette démonstration, (qui n'est pas seulement une contribution).
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Posted by Fernand on June 4 2007, (popular)